François Asselineau répond à Nicolas Dupont-Aignan et Florian Philippot
La souveraineté française face à l'Union européenne : l'analyse de François Asselineau
L'inefficacité des manifestations contemporaines et le désespoir populaire
Les gens se rendent compte que manifester, manifester, au bout du compte c'est un peu 'cause toujours, ça m'intéresse'... ça n'a aucun impact
- François Asselineau établit d'emblée une distinction cruciale entre les participants aux manifestations - des Français légitimement exaspérés - et l'inefficacité structurelle de ces mouvements dans le contexte politique actuel. Il développe une analyse comparative historique en opposant l'efficacité des manifestations passées, comme celles de 1984 contre la loi Savary où Mitterrand avait finalement cédé face à deux millions de manifestants, avec l'impuissance contemporaine illustrée par le mouvement des gilets jaunes. Pour Asselineau, la réponse de Macron - LBD, grenades, et inflexibilité totale - démontre une rupture fondamentale dans le rapport de force entre le peuple et le pouvoir. Cette évolution signale selon lui l'émergence d'un "désespoir massif" dans la population française qui constate l'effondrement du pays sans percevoir de solution politique crédible. L'essoufflement récent des mouvements comme "Bloquons tout" confirmerait cette prise de conscience douloureuse de l'inutilité des manifestations traditionnelles face à un pouvoir devenu sourd aux revendications populaires.
- Le président de l'UPR approfondit sa critique en démontrant comment le système politique français a verrouillé les mécanismes traditionnels de expression démocratique. Il analyse la mutation du rapport de force où les manifestations massives n'obtiennent plus de concessions gouvernementales, contrairement à des périodes historiques antérieures. Cette impuissance génère selon lui une frustration profonde qui explique pourquoi de nombreux Français se détournent désormais de l'action protestataire conventionnelle. Asselineau voit dans cette situation le symptôme d'une crise démocratique plus profonde où les citoyens ne croient plus en la capacité des instruments démocratiques classiques à infléchir les politiques menées. Cette analyse sert de prélude à sa démonstration principale : la nécessité de repenser complètement l'approche politique pour restaurer la souveraineté populaire.
La racine du problème : la perte de souveraineté nationale
Le point commun à tout ça, c'est que les Français ne décident plus de leur politique
- François Asselineau développe ici sa thèse centrale en réfutant l'idée que l'immigration constituerait le problème numéro un de la France comme le prétendrait Éric Zemmour. Pour lui, cette focalisation est un leurre qui masque la cause fondamentale : la perte de souveraineté nationale au profit d'institutions supranationales. Il énumère méthodiquement les multiples crises françaises - destruction de l'agriculture, désindustrialisation, effondrement des territoires ruraux, baisse du niveau de vie, problèmes sanitaires - pour démontrer qu'elles partagent toutes une origine commune. Son analyse identifie trois structures d'"asservissement" : la Commission européenne à Bruxelles, la Banque centrale européenne à Francfort, et l'OTAN depuis Washington. Cette lecture géopolitique situe la France dans une position de subordination comparable selon lui à des périodes historiques critiques comme 1940 ou le traité de Troyes de 1420.
- L'argumentation se poursuit par une démonstration historique visant à légitimer sa position. Asselineau se réclame de l'héritage gaulliste en rappelant que De Gaulle avait fait de la reconquête de la souveraineté nationale la condition préalable à tout redressement français. Il cite également le Conseil National de la Résistance de 1943-1944 et le référendum de 2005 sur la Constitution européenne comme exemples historiques où les Français avaient su transcender les clivages droite-gauche pour défendre leur souveraineté. Cette analyse lui permet de rejeter l'étiquette de "souverainiste" qu'il juge ambiguë et insuffisante, lui préférant celle de "mouvement de libération nationale". Cette conceptualisation vise à donner une légitimité historique et une urgence patriotique à son combat contre les institutions européennes.
La nécessaire union transpartisane pour la reconquête souverainiste
Pour sortir de l'Union européenne, il faut avoir 30% des Français de droite et 25% des Français de gauche
- Asselineau développe une analyse électorale fine pour expliquer pourquoi une alliance exclusivement droitière est vouée à l'échec. S'appuyant sur les résultats du référendum de 2005, il démontre mathématiquement que le "non" à la Constitution européenne provenait pour 30% de l'électorat de droite et 25% de gauche - prouvant selon lui la nécessité d'un rassemblement transpartisan. Cette argumentation chiffrée lui permet de critiquer les tentatives d'alliance de la "droite identitaire" qu'il juge électoralement insuffisantes et idéologiquement incomplètes. Il déconstruit méthodiquement les positions de chaque leader politique : Marine Le Pen et Jordan Bardella ne voudraient pas vraiment sortir de l'UE, Éric Zemour et Marion Maréchal non plus, tandis que Nicolas Dupont-Aignan changerait constamment de programme. Seul Florian Philippot affirmerait clairement la sortie de l'UE mais "pèserait une plume" électoralement.
- Cette analyse stratégique s'accompagne d'une critique fondamentale de la notion même de "primaire souverainiste" qu'il juge inopérante et dangereuse. Asselineau explique pourquoi une telle primaire, regroupant des personnalités aux programmes incompatibles, ne pourrait déboucher sur un candidat crédible. Il souligne les contradictions insurmontables : comment des électeurs de l'UPR pourraient-ils soutenir un Zemour qui refuse la sortie de l'UE ? Cette position révèle sa vision profondément doctrinale de la politique : mieux vaut rester cohérent et minoritaire que de pactiser avec ceux qui trahiraient les principes fondamentaux. Cette intransigeance idéologique constitue le cœur de sa stratégie politique et explique son isolement sur l'échiquier politique.
Le verrouillage médiatique et la crise démocratique
Nous ne sommes plus en démocratie lorsque j'ai 0,8% du temps de parole et Macron 25%
- Asselineau développe ici une analyse systémique du verrouillage médiatique qu'il considère comme la cause principale de son faible score électoral. Il établit une corrélation directe entre le temps d'antenne et les résultats électoraux, dénonçant une situation qui invaliderait le caractère démocratique du système français. Son argumentation s'appuie sur des chiffres précis : 0,92% des voix en 2017 correspondant à 0,8% du temps de parole, tandis que 90% des Français ne le connaissaient pas au moment de l'élection. Cette analyse le conduit à une conclusion radicale : la France ne serait plus une véritable démocratie mais un système oligarchique où les médias mainstream, propriété de grands industriels, contrôleraient l'accès au débat public.
- L'argumentation se poursuit par une démonstration économico-politique visant à expliquer pourquoi les oligarques médiatiques le censurent. Prenant l'exemple de Vincent Bolloré dont la fortune serait passée de 2,1 à 11,1 milliards d'euros en 15 ans, Asselineau montre comment les intérêts économiques des propriétaires de médias sont structurellement opposés à son programme de rupture. Sa proposition de rétablir le contrôle des mouvements de capitaux et de mettre fin aux délocalisations menacerait directement les profits de ces oligarques qui préféreraient donc orienter la colère populaire vers la droite identitaire - moins dangereuse pour leurs intérêts économiques. Cette analyse conspirative mais chiffrée vise à donner une explanation systémique à son invisibilité médiatique.
La stratégie solitaire face à l'impossible alliance
Je ne vais pas faire alliance avec des gens qui veulent le contraire de ce qu'on veut
- Face aux suggestions d'alliance, Asselineau développe une défense approfondie de sa stratégie solitaire. Il rejette catégoriquement l'idée de "combinaisons d'appareil" au profit d'une approche basée sur la clarté doctrinale et la constance programmatique. Son argumentation s'appuie sur des exemples historiques personnels : Jean-Luc Mélenchon ayant traité les partisans de la sortie de l'euro de "maréchalistes" en 2005, ou Henri de Lesquen l'ayant insulté d'"ordure cosmopolite". Ces références lui permettent de justifier son refus de toute alliance avec ceux qui l'ont précédemment rejeté ou insulté. Pour lui, la crédibilité politique repose sur la constance - une qualité qu'il revendique après 18 ans de positions inchangées.
- Cette défense de l'isolement stratégique s'accompagne d'une critique fondamentale du système des primaires qu'il juge importé des États-Unis et inadapté à la France. Asselineau rappelle les échecs des primaires de la droite et de la gauche pour démontrer l'inefficacité de ce mécanisme. Il soulève également des questions pratiques insurmontables : qui participerait à une primaire souverainiste ? Comment concilier des programmes incompatibles ? Que faire si Éric Zemour remportait une telle primaire ? Ces questions rhétoriques visent à montrer l'irréalisme des propositions d'union tout en maintenant sa position d'intransigeance doctrinale comme seule attitude politiquement cohérente.
La percée médiatique alternative et l'espoir de 2027
Le mur des médias se fissure grâce à Internet et aux médias alternatifs
- Asselineau nuance son analyse du verrouillage médiatique en reconnaissant l'émergence d'espaces alternatifs qui permettraient une percée progressive. Il constate que les médias ne constituent plus la "muraille de Chine" d'antan grâce à Internet et aux plateformes numériques où il bénéficie d'une audience significative. Cette reconnaissance d'une évolution médiatique lui permet d'esquisser une stratégie de contournement des médias traditionnels. Son analyse identifie une lente "décantation" dans l'opinion publique où de plus en plus de Français comprendraient la pertinence de son diagnostic sur la souveraineté nationale, même s'il reconnaît que beaucoup restent encore à convaincre.
- Cette ouverture stratégique débouche sur une projection électorale concernant 2027. Asselineau exprime sa confiance dans une "percée" lors de la prochaine présidentielle, s'appuyant sur l'expérience de 2017 où sa candidature avait malgré tout permis de multiplier par 2,5 le nombre d'adhérents de l'UPR. Cet optimisme calculé contraste avec son isolement actuel et vise à maintenir la motivation de ses partisans. Il esquisse une vision où sa constance finirait par payer électoralement grâce à l'effritement progressif du mur médiatique et à la prise de conscience croissante des Français face à l'urgence souverainiste.
Le modèle du CNR : une union nationale autour de la souveraineté
Comme en 1943, nous avons besoin des communistes comme De Gaulle avait besoin des communistes
- Asselineau développe sa vision historique en s'appuyant sur le modèle du Conseil National de la Résistance comme paradigme de l'union nationale transcendant les clivages idéologiques. Cette référence historique lui permet de justifier théoriquement son ouverture à gauche tout en pratiquant concrètement l'intransigeance doctrinale. Il rappelle que son mouvement compte "40% d'adhérents venant de la gauche" pour démontrer la viabilité du rassemblement transpartisan. Cette argumentation historique et sociologique vise à contrer les critiques sur son isolement en montrant qu'il incarne une forme d'union nationale plus authentique que les alliances politiciennes.
- Le président de l'UPR approfondit sa conceptualisation de la souveraineté en la présentant non comme une "lubie" ou une "nostalgie" mais comme le fondement constitutionnel de la République française. Il cite le titre premier de la Constitution qui place la souveraineté nationale avant même le président de la République, et l'article 5 qui fait du chef de l'État le "garant de l'indépendance nationale". Cette argumentation juridico-constitutionnelle vise à donner une légitimité institutionnelle à son combat souvent perçu comme marginal. En ancrant sa revendication dans le texte fondamental de la République, Asselineau cherche à normaliser sa position et à la présenter comme conforme à l'esprit des institutions françaises.
Le refus des alliances et la confiance dans la pédagogie
Je ne crois pas dans les accords d'appareil, les Français ont besoin d'un responsable constant
- Asselineau justifie son refus de toute alliance avec Jean-Luc Mélenchon en s'appuyant sur des griefs historiques précis - notamment les accusations de "maréchalisme" en 2005. Cette position révèle une conception très personnelle de la politique où les trahesses passées et les insultes personnelles empêcheraient toute collaboration future. Pour lui, la crédibilité politique repose sur la constance et l'honnêteté intellectuelle, qualities qu'il estime incarner contrairement à des politiciens "changeants" comme Nicolas Dupont-Aignan. Cette intransigeance personnelle s'articule avec une méfiance profonde envers les "combinaisons d'appareil" qu'il juge contraires à l'intérêt général.
- Face au paradoxe de son isolement alors que les Français continuent à voter pour le Rassemblement National, LFI ou le bloc central, Asselineau développe une théorie de la prise de conscience progressive. Il admet que son message met du temps à percer mais affirme que la "décantation" en cours finira par convaincre de plus en plus de Français. Cette vision pédagogique à long terme contraste avec l'urgence des crises qu'il dénonce mais lui permet de maintenir une position cohérente sans avoir à transiger sur ses principes. Son optimisme calculé s'appuie sur la conviction que la vérité finit toujours par triompher à condition de la répéter inlassablement.
La critique structurelle des primaires souverainistes
Les primaires, ça vient des États-Unis et regardez le résultat avec les Républicains
- Asselineau développe une critique institutionnelle approfondie du concept de primaire qu'il juge inadapté au système politique français. S'appuyant sur l'échec des primaires des Républicains (ayant conduit à Valérie Pécresse) et de la gauche, il démontre pourquoi ce mécanisme ne fonctionnerait pas pour le camp souverainiste. Son analyse identifie des obstacles structurels : chaque parti a sa propre existence et idéologie, rendant impossible une véritable primaire transpartisane. Il soulève également des questions pratiques cruciales : qui définirait le périmètre des "souverainistes" ? Comment concilier des programmes incompatibles ? Que faire en cas de victoire d'un candidat inacceptable pour une partie des électeurs ?
- L'argumentation se poursuit par une analyse réaliste des contraintes institutionnelles, notamment la question des parrainages. Asselineau rappelle que son exclusion en 2022 résultait selon lui d'une "campagne de diffamation" avec "des lettres de corbeau" et des pressions sur les maires. Cette explication lui permet de rejeter les accusations d'échec personnel tout en montrant les obstacles structurels qui entravent les candidatures dissidentes. En citant les scores dérisoires de ses concurrents souverainistes (Kamarovich à 60 parrainages, Philippot à 1), il démontre que son mouvement reste malgré tout le plus crédible électoralement dans le camp souverainiste.
La réponse aux critiques internes et la vision municipale
Les municipales ce n'est pas notre genre de beauté, nous visons l'élection présidentielle
- Face aux critiques d'un ancien militant lui reprochant son manque de réponse concernant des municipales, Asselineau développe sa vision stratégique priorisant clairement l'élection présidentielle. Il justifie cette priorité par des raisons historiques en comparant sa situation à celle de De Gaulle qui aurait été absurde de participer à des municipales sous l'Occupation. Cette analogie forte, bien qu'excessive, lui permet de légitimer son focus présidentiel en le situant dans une perspective historique de lutte pour la libération nationale. Il reconnaît cependant que certains adhérents se présenteront localement, tout en maintenant que l'enjeu fondamental reste la reconquête de la souveraineté nationale au niveau présidentiel.
- Asselineau termine sur une note optimiste concernant 2027, exprimant sa confiance dans une "percée" grâce au "phénomène de décantation" en cours dans l'opinion publique. Cette projection positive vise à maintenir la motivation de ses partisans malgré les difficultés présentes. Il fonde son espoir sur la croissance continue de l'audience de ses idées sur Internet et les médias alternatifs, ainsi que sur la prise de conscience croissante des Français face à l'urgence de la question souverainiste. Cette conclusion confiante, bien que non étayée par des données électorales concrètes, s'inscrit dans sa stratégie de communication visant à présenter son mouvement comme inéluctablement montant.
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Francois Asselineau repond a Nicolas Dupont-Aignan et Florian Philippot ↗
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